L’affaire des CBD shops: ils sont nombreux à rouvrir leurs portes

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Depuis 2018, ils sont nombreux à avoir ouvert puis fermé leurs portes dans la foulée. À Arras, Lille, Nantes ou Angers, les CBD shop français, ou revendeurs de produits à base de CBD, ont connu de lourdes difficultés. Contrôles policiers, accusations de pratique illégale de la pharmacie, fermetures administratives plus ou moins longue durée : pourtant, une grande majorité d’entre eux tenait boutique en toute légalité. En cause ? Un produit méconnu, le CBD, souvent confondu avec le THC, molécule présente dans le cannabis et interdite en France. Zoom sur une controverse qui à la peau dure.

Des produits associés au cannabis, mais pas hors-la-loi

Le CBD, ou cannabidiol, est un cannabinoïde, molécule présente dans le chanvre et le cannabis. Contrairement au THC, cette substance stupéfiante interdite en France, elle n’interagit pas avec le système nerveux : elle ne provoque aucun effet psychotrope, ni éventuel phénomène d’addiction.

En France, le cadre législatif a été éclairci en 2019 : tout produit dit CBD est autorisé à la vente à condition que la molécule CBD ait été extraite de variétés de chanvre (et non de cannabis) inscrites au registre officiel. Celles-ci doivent comprendre moins de 0.2% de THC. Il est par ailleurs interdit de vendre des produits CBD dits « finis », en l’occurrence feuilles et fleurs de chanvre, sous n’importe quelle forme : mélanges pour tisanes par exemple. Tout commerçant revendeur de produits CBD conformes agit donc en parfaite légalité et demeure dans son droit d’exercer son activité.

Une autre contrainte : le spectre du charlatan

La communauté scientifique internationale reconnaît non seulement les intérêts thérapeutiques du CBD mais aussi ceux du cannabis médicinal, alors que ce dernier est catégorisé stupéfiant en France. Les commerçants CBD français font de ce fait face à deux contraintes : l’amalgame CBD/cannabis, qui reste ancré dans les esprits, et la difficulté de promouvoir leur marchandise dans un contexte juridique où la frontière entre bien-être et usage médicinal/médical peut parfois être floue, sujette à controverse.

En effet, en France, vanter les qualités thérapeutiques d’une substance est strictement limité à la pratique pharmaceutique. Or les produits CBD, reconnus comme relaxants, apaisants, décontractants notamment, ne sont ni contre indiqués, ni soumis à une délivrance sur ordonnance. C’est d’ailleurs la grande réserve invoquée par certains professionnels de la santé circonspects : « qui dit hors cadre, dirait forcément charlatanisme… »

Adapter la pratique commerciale

La réponse des commerçants, désireux de conserver leur activité, ne s’est pas faite attendre : se mettre à la page pour rester dans les clous. Plus question de prodiguer des conseils quant à d’éventuelles applications du CBD sur la santé (douleur, fatigue chronique, régulation de l’humeur), plus question également de promouvoir la consommation de chanvre, à même d’en faire profiter celle du cannabis. Plus question enfin de mettre en rayon des produits étrangers, comme les crèmes et pommades autorisées dans certains pays de l’Union européenne, sur le sol français sans une sélection préalable minutieuse.

Les autorités françaises ont, après enquête, autorisé la réouverture de beaucoup d’entre eux. Toutefois, malgré une demande exponentielle, le marché de proximité demeure encore timide et les entrepreneurs frileux au regard des pertes enregistrées par certains de leurs pairs.

Si les industriels du CBD misent sur un packaging subversif, usant largement de la signalétique typée cannabis (feuille de chanvre, par exemple), l’immense majorité des produits CBD qu’ils contiennent, disponibles en France – e-liquides pour cigarettes électroniques, tisanes, vaporisateurs de CBD, confiserie, cristaux, etc., est de nature 100% légale. Nous vous recommandons cependant à consulter notre guide d’achat CBD afin de trouver correspondant à vos attentes.

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